Punta de Teno, le phare du bout du monde.

12/07/16 : suite à l' effondrement de la route sinueuse , l’accès est momentanément interdit au public Punta de Teno est un de mes end...

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25 décembre 2010

Un noel 100% canario

Un magnifique 25 décembre 100% canarien sous la tonnelle enchantée de Grand Mère Micaela, tout là-haut sur les hauteurs de Santiago del Teide, à 1.000m d'altitude, entre petites parcelles de vignes, et orangers aux branches lourdes de fruits mûrs.

Juan Pedro est aux manettes du côté du barbecue en pierre oú rôtissent les viandes, les femmes montent les tables sur lesquelles rien ne va manquer : chuletas, conejo salmorejo, panceta, gofio, morcilla, quesillo, truchas...et dans les pichets, le petit vin de l'oncle José Antonio ouïlle, caramba, à ne pas mettre dans tous les gosiers, hahaha !

De l'autre côté de la tonnelle qui croule sous la verdure et filtre un soleil insolent, la parranda bat sont plein autour de la grande table en bois : ils sont venus ils sont tous là, frères, beaux-frères, fils, voisins, guitares, timples et panderetas en main,des années de folklore sous les doigts et dans les vibrations de leurs voix chaleureuses, un vrai régal de mélodies et de rythmes qui nous rappellent, au cas oú nous l'aurions oublié, que les Canaries se situent bien sur la route maritime qui durant des siècles a relié l'Espagne et l'Amérique Latine : difficile de passer les plats sans esquisser un petit déhanché et quelques pas de danse mi-andalous mi-salseros !

Aprés les desserts les femmes s'en mêlent et vont elles aussi donner de la voix...

Et l'émotion d'une belle journée de traditions aidant, je vous mets au défit, chères lectrices et chers lecteurs , de ne pas sentir un frisson qui parcours votre épiderme lorsque les guitarres se font douces et que le rythme se fait noble et lent, et qu'un chant pur comme la ligne des volcans qui nous entourent s'éleve comme une volute de nostalgie parmi la petite assemblée qui retient son souffle, c'est la magie de la "Folía canaria", oú l'instrument alterne avec la voix, et oú l'improvisation est de mise à chaque "copla", ponctuée par les applaudissements des amateurs de ce jeu poético-musical. Que du bonheur!

Petit reportage photo sous peu, et ci-aprés, un lien oú écouter une jolie "Folía" :



Ce n'est pas la terrasse de la grand´mère Micaela, ce n'est pas la voix cristalline de Maria Cristina qui improvise, mais c'est bien beau quand même.

Perso j'ai un an pour m'entraîner, et à Noël prochain, je compte bien y aller, moi aussi, de ma petite "Folía" ;0)

France

24 décembre 2010

Au son des pasacalles et des villancicos

Noël met le cap sur Tenerife!

Pas toujours facile, lorsque la mer est belle et que le vent agite les feuilles des palmiers, de réaliser dans les chaumières que Noël est bientôt de retour : si ce n’étaient les guirlandes qui fleurissent ça et là parmi les bougainvilliers, les lampions souhaitant des « Felices Fiestas » aux 4 vents et le sommet du Teide saupoudré de blanc, il faudrait se pincer pour le croire !

Heureusement, la tradition est là qui veille ! « Turrón » et « Mazapán » ont fait leur apparition sur les présentoirs, les crèches fleurissent dans les commerces, sur la place des mairies, dans le chœur des églises, et cette année, au programme des festivités « navideñas » reviennent en force les « villancicos » et les « pasacalles » qui animaient déjà, au Moyen-Âge, ruelles et coupe-gorges d’une terre qui ne s’appellait pas encore « España », à grand renfort de castagnettes, de tambourins, instruments à cordes et autres flûtiaux, et qui ont traversé les siécles pour arriver jusqu’à nous.

Ethymologiquement dérivé du terme « villano » ,qui désignait en ces temps lointains le simple habitant d’un village, le « villancico » est une des plus anciennes formes musicales populaires chantées, tout particulièrement à l’époque Noël, sur le parvis des églises et aux coins de places (n’en déduisons pas pour autant que les thèmes n’étaient que religieux…).

Le « villancico » est arrivé aux îles Canaries dans le baluchon des Conquistadores espagnols, et il a pris racine. Cette année encore, des groupes de musiciens et de chanteurs vont parcourir les rues et les quartiers afin que la tradition de ces chants de Noël perdure.


Le plus célèbre et populaire des villancicos canariens sera bien sûr au répertoire, le voici donc, il a pour titre « Lo Divino», interprété par le non moins célèbre et populaire groupe de chansons et musiques traditionnelles de Tenerife : Los Sabandeños.



Avant qu’ils ne deviennent de lentes et majestueuses danses dans le faste des Cours d’Europe sous le nom féminisé de « passacailles », les « pasacalles » naquirent plus ou moins dans le même berceau que les villancicos. Littéralement : « pasar por las calles » (passer dans les rues), le terme désignait des bandes d’allègres musiciens jouant, chantant et dansant, qui parcouraient la ville à la moindre festivité.

Texte : France de Tenerife Autrement

21 décembre 2010

Pleine lune grignottee

Je me suis demandé dans quelle rubrique j'allais bien pouvoir insérer ce petit commentaire d'aujourd'hui...J'ai tout d'abord pensé à Paysages Grandioses, et puis il m'a semblé que le Coin des poètes était plus approprié.

Eclipse lune 2007

Car voyez- vous, si quelque chose manquait au lever du jour de ce mardi 21 décembre, ce n'est certes ni la poésie, ni le lyrisme : imaginez vous seul(e), sur une plage encore baignée d'obscurité oú se devine la silhouette gracile des palmiers, à quelques mètres à peine du fracas et de l'écume de l'océan que tourmente une puissante marée.

Au-dessus de l'horizon, la pleine Lune disparaît lentement sous vos yeux, grignotée par l'ombre de la Terre, et avec elle, sa longue traînée de lumière argentée flottant sur la crête des vagues qui s'éteint peu à peu, tandis que tout autour, le jour doucement se lève :

Une superbe éclipse totale de lune, en prélude à cette journée du Solstice d'Hiver qui nous enveloppera ce soir dans la nuit la plus longue de l'année : c'est officiel, c'est l'hiver !

Et sous le ciel de Tenerife, il fallait bien une belle éclipse matinale et un gros calendrier punaisé sur le mur pour nous le rappeler...

De belles pensées insulaires pour les lectrices et les lecteurs de Vidadesol en cette fin de cycle solaire, et n'oubliez pas de profiter à fond de cette longue nuit cosmique ;0)

France

15 décembre 2010

Noel 2010 a Tenerife

France vous a concocté un petit programme pour les Fêtes 2010, dont voici quelques morceaux choisis.

ADEJE
18/12 Marché de Noël, contes, pasacalles, Calle Grande, 18h30 à 23h
18/12 Concert de Noël, groupes folkloriques, Plaza de España, 19h
19/12 Concert de Noël avec le groupe Los Sabandeños, Parque Las Nieves, 20h
20/12 Pasacalle musical, Calle Grande, 19h à 21h
22/12 Pasacalle, contes, cracheurs de feu, La Postura, de 19h à 22h
30/12 Pasacalle musical, Calle Grande, 19h a 21h

COSTA ADEJE
15 /12 Marché de Noël, contes, dégustations, pasacalles, 19h

FAÑABÉ
23/12 Crèche vivante et villancicos, 21h

GUIA DE ISORA
22/12 Pasacalle, suivi du concert de Noël, groupe folklorique Sámara, Auditorium, 20h

SANTIAGO DEL TEIDE
16/12 Noche de villancicos dans les rues de Puerto Santiago, à partir de 18h
19/12 Concert de Noël, associations folkloriques, Plaza Bunganvillas à 19h
21/12 Noche de villancicos dans les rues de Los Gigantes à partir de 18h30
22/12 Rencontre de villancicos, Marché des Agriculteurs (village), à partir de 17h00
24/12 Crèche vivante, Parroquia San Fernando Rey (village)

GARACHICO
A partir du 12/12 Exposition de « Belenes » (crèches), Ex-couvent Nuestra Señora de los Angeles

ICOD DE LOS VINOS
22/12 Pasacalles de Navidad, par l’Ecole de musique et de folklore.
23/12 Concert de villancicos, Plaza Luis de León Huerta, 18h30

LA OROTAVA
19/12 Concert de villancicos, Plaza del Ayuntmiento, 19h

LA LAGUNA
Du 9/12 au 7/01 - Exposition de « Belenes » (crèches) Casa de los capitanes generales.
19/12 Pasacalles et villancicos, Plaza del Adelantado et Plaza de la Concepción
20/12 Pasacalles et villancicos, Plaza del Cristo, 12h
22/12 Villancicos, Plaza de la Concepción, 19h
26/12 Villancicos, Plaza de la Concepción, 19h

SANTA CRUZ DE TENERIFE
Du 21/12 au 6/01, Marché de Noël, Plaza de la Concepción
18/12 Récital de villancicos, Parroquia María Auxiliadora, Calle Serrano, 20h
Villancicos au fil des rues, Barrio San Andrés, 12 à 14h
25/12 Concert de Noël, Orchestre Symphonique de Tenerife, sur le Port, 22h

Pas mal hein ! Joli travail de France. Vous remarquerez que le texte est truffé de Pascalles et villancios ... Kézako me demandera l'adepte de la langue de Molière à juste raison. Eh bien, rassurez-vous, France vous a concocté un bel article sur les traditions de Noël en Espagne et en particulier aux Canaries, vous allez vous régaler !

Liens d'intérêt : 
Noël aux Canaries sur Vida de Sol

25 novembre 2010

Des tapas * comme s'il en pleuvait !


Chers lecteurs résidents, et vous, voyageurs au long cours qui allez nous visiter dans les prochains jours, voici une petite tradition locale qui va vous réjouir les papilles !

Du 1er au 12 décembre prochain, la commune de Santiago del Teide, dont je me targue d'être une heureuse administrée, organise sa IIIème "Ruta de la Tapa" (ou "Route de la Tapa", à l'attention des réfractaires à l'intrigue linguistique), à savoir, un parcours de 12 établissements : bars, tascas, restaurants... à travers la ville qui devront imaginer leur "tapa" de l'année, avec la double intention de nous régaler, et de tenter de gagner le concours 2010, vous l'aurez compris.... de la meilleure "tapa" !

Celle-ci devra être élaborée à base de produits locaux : ail, tomate, poisson, amandes, poisson, fromage de chèvre ou de brebis, figue...

Son prix sera de 2,50€ incluant un verre de vin ou une "caña" (petite bière-pression bien fraîche pour ceux qui n'en ont pas encore découvert les délices).

Pour ceux qui n'auraient encore jamais participé à ce jeu de l'oie hautement gastronomique, sachez que le but consiste à aller de bar en bar, de tasca en tasca, en famille ou entre amis, et à chaque étape, de goûter la "tapa du Chef", et de vous siffler un petit verre de vin du pays pour accompagner le tout.

Il va sans dire que si vous ourdissez le plan de déguster les 12 tapas en ligue le même jour... allez y à pied !

Ci-joint les noms et adresses des établissements participants cette année, ainsi que le descriptif de leur "tapa 2010" respective, et là ceux qui n'ont pas encore appris l'espagnol se débrouilleront avec leur petit dictionnaire : la Ruta de la Tapa, ça se mérite !

Bonne dégustation à tous !

France de Tenerife Autrement

* Y-a-t'il encore besoin de présenter les "tapas" ?

Télécharger le programme et les adresses de la ruta de la tapa.

10 octobre 2010

LE PIN CANARIEN : Un pacte avec le feu

El Pinar (Forêt de pin) de Tenerife au lendemain de l'incendie.
Photo : Raquel Marin
Le 30 juillet 2007 au matin, avec des pointes dépassant les 40º, les températures battent des records de chaleur dans l’archipel des Canaries.

Le vent de nord-est balaye les îles en de violentes rafales qui augmentent la sensation de sècheresse, l’air est irrespirable.

Depuis 3 jours déjà, l’île de Gran Canaria est la proie des flammes. De bien tristes reportages font la Une des journaux locaux et nationaux : un des plus grand « pinar » (forêt de pins) de l’île se réduit en cendres au fil des heures, le carnage durera jusqu’au 1er août.

30/07/2007 Photo satellite : incendies simultanés sur Tenerife et Gran Canaria.

A la mi-journée, à Los Campeches (Commune de los Realejos), ce qui reste à ce jour comme le plus grand incendie, de mémoire de « tinerfeño » contemporain, vient de se déclancher sur le versant nord de l’île de Tenerife.

En 48h, attisé par la violence du vent, un feu incontrôlable va parcourir une distance de près de 78kms entre le nord et le sud-ouest de l’île, en contournant le massif montagneux. Rien n’arrête les flammes qui dévorent la couronne forestière jusqu’aux frontières du Parc National du Teide, et ravagent habitat rural, fermes, cultures et espaces naturels protégés sur leur passage. Rien ne sera épargné, pas même le célèbre site au relief accidenté de Masca, niché au cœur de sa verdoyante palmeraie.

Los Realejos, La Orotava, San Juan de la Rambla, La Guancha, Icod, Garachico, El Tanque, Santiago del Teide, Guía de Isora…au total, 10.000 personnes sont évacuées, et plus de 15.000 hectares de zone forestière et de terres calcinées.

Lorsqu’enfin le nuage de cendres qui obscurcit le ciel depuis deux jours s’estompe, sur des kilomètres et des kilomètres de routes et des sentiers de randonnée, c’est la désolation.


Merci à France de Tenerife Autrement pour le texte et Raquel Marin pour les photos.

Liens d'intérêt : 

13 septembre 2010

Los Silos : Festival Boreal - 14 sept. 2010

Cette fois c'est à un joli festival que nous vous invitons ... comme chaque année depuis trois ans maintenant le Festival Boreal arrive à la fin de l'été pour un ode à la nature !

C'est du côté de Los Silos que cela se passe ...
Los Silos, mais si souvenez vous, je vous avais parlé de son rorqual il y a quelques temps déjà !
Eh bien, à partir de demain 14 septembre 2010 et tout au long de la semaine, cette bourgade du nord ouest de l'île va vivre au rythme du festival ... une savante alchimie de musique, art et sensibilisation à l'environnement.

Durant cette semaine vous pourrez découvrir des expositions de photographies, assister à des conférences et même participer à des débats sur le thème de la protection de l'environnement et du développement durable.

Le festival sera clôturé ce samedi 18 par une journée non stop avec plus de 12h de musique, concerts qui commenceront au coucher du soleil pour ne s'arrêter que lorsque les premiers rayons poindront de nouveau.

Ce sera l'occasion pour tous, petits et grands, de participer à des ateliers (percussion, capoeira, thérapies naturelles et bien plus encore), de découvrir de nouveaux espaces grâce à des activités de plein air (Kayak de mer, VTT, baptêmes de plongée, ...) etc etc etc


Cette année encore, tous les revenus issus de ces journées seront entièrement reversés aux divers projets de protection de la vie marine pour les pays en voie de développement. 


Toutes les informations sur le site internet du Festival Boreal.
Organisation en collaboration avec Birding Canarias

Merci à France de Ocean Diving Tenerife pour l'information.

29 juin 2010

DECOUVREZ TENERIFE AUTREMENT AVEC FRANCE (bis)

VIDADESOL vous invite au voyage, à l’échange, et vous aide à préparer au mieux votre séjour... et offre ici une petite tribune de manière régulière à France et sa plume inimitable.
Aujourd'hui, France revient vers vous avec plein de bonnes nouvelles pour vos séjours... alors...n'hésitez pas à la solliciter :)


TENERIFE AUTREMENT vous accueille, vous loge, et vous accompagne sur place dans votre découverte du patrimoine naturel et culturel de Tenerife, ainsi que dans votre approche des gens et des réalités de la vie locale :
  • Découverte accompagnée du royaume des volcans : si le Teide en est le roi incontesté,l’île compte plusieurs dizaines de volcans qui au fil des millénaires ont façonné le relief de Tenerife. Depuis les hauts sommets montagneux jusqu’aux côtes où les laves en fusion se sont précipitées dans l’atlantique, ils ont mêlé leur histoire à celle des homme : cônes volcaniques, stratovolcan, dorsales ou rift, venez les approcher de près, et laissez vous “raconter les volcans”…
  • Randonnées accompagnées : faciles ou soutenues, toutes ont pour dénominateur commun la beauté de la lumière, des paysages, et des phénomènes géologiques liés au volcanisme sur lesquels a pris racine une végétation à la diversité étonnante. Sur la période estivale, les longues journées permettent également de petites randonnées de fin d’après midi présentant le triple avantage d’éviter la chaleur, d’admirer des paysages à la fois montagneux et maritimes superbes sous les couleurs du jour qui décline, et de parcourir des sites désertés de leurs visiteurs.
  • Culture et vie locale : petites villes et bourgades au passé colonial, marchés, p’tits restos, vignobles, bananeraies… Lieu de villégiature, Tenerife n’en est pas moins le théâtre de la vie quotidienne des “tinerfeños” ainsi que des résidents de toutes provenance venus y jeter l’ancre : nous vous donnons des “billes” pour que vous ne passiez pas à côté de l’essentiel.

Si vous avez choisi de vous loger à l’hôtel, ce menu-dégustation s’adresse également à vous : durant votre séjour, venez vous offrir une ou deux escapades accompagnées hors des sentiers battus !

Pour plus d’informations sur la formule et les modalités, vous pouvez me contacter avant votre départ :
- ici même sur le Blog de Sol par vos commentaires

Une fois sur place, vous trouverez également des petits dépliants à l’Office de Tourisme de Playa la Arena (Puerto Santiago – Santiago del Teide).

Bien cordialement…. et peut être à bientôt ?

France.

08 juin 2010

Le Corpus Christi à la Orotava

Entre fête votive, art populaire et tradition.... par France

La célébration du Corpus Christi vous en rêviez : la ville de La Orotova l’a fait!
Et de quelle somptueuse façon ! Vous qui partez pour Tenerife ce week end, ne faites pas l’impasse sur cette manifestation de dévotion et d’art populaire dont les prémices s’articulent cette année entre le 4 et le 9 juin, avec un point culminant le jeudi 10 juin prochain.

Il faut remonter à la moitié du XIIIe siècle pour trouver l’origine de ces festivités instaurées, nous disent les textes, par le Pape Urbano IV, afin de commémorer le miracle de la Consécration de l’Eucharistie , et là chères lectrices et chers lecteurs, je vous renvois à votre catéchisme pour les uns, et à vos tablettes pour les autres…
Sous un angle de vue nettement plus païen et antérieur à ce bon Pape, il s’agissait également de célébrer le cycle des saisons, en l'occurrence, le renouveau printanier.
Les fêtes du Corpus Christi sont entrées en force aux îles Canaries par le truchement des Conquistadores espagnols qui ne plaisantaient pas avec ce genre de choses, voilà pourquoi depuis, elles sont un temps fort du calendrier festif de l’archipel.
A Tenerife, la “Villa de la Orotava” est devenue leader en la matière, depuis qu’en 1847 la famille Monteverde, sous la houlette d’une certaine Leonor del Castillo, eut l’idée d’élaborer devant sa demeure un tapis de fleurs fraîches sur le trajet de la procession du Corpus.
Il n’en fallait pas plus pour que la tradition s’enracine, et fasse des célèbres “Alfombras” (Tapis) de la Orotava une des attractions les plus courues de l’île.

De nos jours, entre voisins et commerçants on s’organise, et durant la semaine qui précède le Corpus, c’est à qui tapissera le plus harmonieusement sa rue jonchée de pétales de fleurs , de sable volcanique multicolore et autres éléments naturels, sur des dessins préalablement tracés au sol, parfois extrêmement élaborés.
Parallèlement à ces œuvres populaires des quartiers, la Ville passe commande d’un tapis géant dont l’élaboration dure plusieurs jours, en direct, pour le plus grand plaisir et l’étonnement des passants, sur la grande esplanade devant la Mairie : entièrement élaborés à base de sable volcanique des Cañadas du Teide, il atteindrait cette année une superficie de 912 m2 !

Manifestation par excellence des choses faites pour la beauté du geste, Evêque de La Laguna en tête, la procession du 10 juin foulera des heures durant les délicats tapis qui ornent l'entrelacs des vieilles ruelles pentues de la Orotava.

A signaler que les vieux quartiers se trouvent dans le périmètre de la Mairie et au dessus, dans la partie haute de la Ville.

A signaler également qu’afin de ne pas être en reste, la petite ville de Garachico fait aussi son micro tapis, il n’y a pas de raison!

France


Liens d'intérêt :

05 février 2010

Eruption du volcan Chinyero (Chapitre II)

En ce mois de novembre 1909, le Volcan Chinyero déverse des milliers de tonnes de laves incandescentes sur hauteurs de Tenerife, mais il n’en n’est pas pour autant à un miracle prés…

Du 18 au 28, son éruption maintient l’Ile entre panique et fascination. Peur de tout perdre chez les habitants des villages environnants, curiosité dans les milieux universitaires et scientifiques de la capitale insulaire, de l’Espagne péninsulaire, et même au-delà : arrivée dés les premiers jours sur le site, cocorico, la maison de production cinématographique française Gaumont sera la première non seulement à filmer l’évènement, mais à filmer tout court, les premières images de Tenerife : nous en sommes en cette année 1909 aux balbutiements du « cinématographe » !
Oú est passée la bobine, Vidadesol mène l’enquête…

Pourquoi une telle peur, parallèle à un tel engouement, jusqu’au-delà des frontières, autour de cette grosse colère du Volcan Chinyero ?

Peut être une amorce d’explication et un petit bond en arrière, dans le contexte de ce début du XXème siècle.

Souvenons-nous, comme dirait l’autre :

- le 8 mai 1902, en moins de temps qu’il ne faut pour le narrer, le Volcan de la Montagne Pelée, en Martinique, détruit entièrement la ville de Saint Pierre, faisant quelques 26.000 morts.

- le 18 avril 1906, un monstreux tremblement de terre réduit à un tas de décombres rien moins que la ville de San Francisco, USA : un gigantesque incendie se déclare, qui vient parachever la tâche destructrice.

- Novembre 1908, la nuit est tombée sur la ville de Messine en Sicile. En quelques secondes, la ville va être dévastée par un tremblement de terre qui reste l’un des plus meurtriers enregistrés en Europe : 150.000 morts.

Un an plus tard, l’annonce soudaine d’une éruption sur l’île de Tenerife, lointaine province de l’Espagne voisine, a sans nul doute, vu de loin, fait craindre le pire.


Éruption de la Montagne Pelée 1902

Ce 23 novembre 1909, le terrible « serpent de laves » avance sur 3 fronts, menaçant au tout premier plan les villages de las Manchas, Tamaimo et Valle de Arriba, sur ce qui est aujourd’hui la commune de Santiago del Teide.

En désespoir de cause, les habitants du plateau partent en procession vers l’enorme coulée qui les menace : ceux de Valle de Arriba derrière l’image sainte du « Señor del Valle », ceux de Tamaimo, derrière « Santa Ana ».

Et le miracle fut !

Sur le plateau de Los Baldíos, comme en témoigne aujourd’hui un petit mémorial, la coulée de laves incandescente s’arrête net devant la procession : les villages sont sauvés ! Il n’en fallait pas plus pour marquer profondément les esprits de l’époque, et faire de cet instant un des évènements parmi les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Ouest de Tenerife.


Commémoration de la procession « miraculeuse » - 1930
Photo « Revista Chinyero » - Colectivo Arguayo

Mais deux autres « miracles » sont également à mettre à l’actif du Chinyero :

- Au deuxième jour de l’éruption, alors qu’une aide massive arrive par voie maritime depuis la capitale, et au vu des difficultés à atteindre les zones sinistrées, les plus hautes instances ordonnent la construction du premier réseau routier permettant de faciliter les communications dans le sud-ouest de l’île, particulièrement isolé à cette époque.

- Nous avons évoqué lors du premier chapitre, le rôle fondamental qu’on joué les pigeons voyageurs, depuis les abords du volcan, dans la circulation de l’information. Conséquence de ces 10 jours forts en émotions, c’est une gigantesque nouveauté qui va bientôt venir révolutionner la vie quotidienne «tinerfeña» : l’apparition du téléphone !

100 ans plus tard, en ce mois de novembre 2009, les pèlerins ont repris leurs bâtons afin de commémorer la ferveur salvatrice des anciens, et s’en sont allés par les sentiers, Santa Ana ouvrant la marche, prier et festoyer là haut, au pied du mémorial qui veille au grain, entre laves et amandiers.
Photo – Service de Presse, Commune de Santiago del Teide

Tous nos remerciements au Colectivo Arguayo, pour tant de récits, textes, et investigations patiemment engrangés, qu’ils nous ont fait partager à l’occasion de ce Centenaire, et tout spécialement à Enrique Pérez Alegría, pour ses interventions, exposés, et pour son amabilité amusée…

(A venir : Fiche Technique Randonnée au Chinyero – Exposition permanente sur le Volcan Chinyero - « La Casa del Patio, Santiago del Teide)

A feuilleter : 
Liens d'intérêt sur le web :
France (Tenerife)

25 janvier 2010

Carnaval de Tenerife le cru 2010

Quelques petites precisions sur le carnaval de notre amie France :

Ce que l'on appelle le Carnaval, c'est quasiment un mois de réjouissances et de spectacles petits ou grands aux 4 coins de l'île. Il suffit de jeter un coup d'œil à cette programmation pour comprendre l'ampleur des dégâts, il y en a autant avant la date du jour du Carnaval qu'aprés !

http://www.absolutcanarias.com/programa-del-carnaval-2010-de-santa-cruz-de-tenerife/

Pour ce qui est des temps forts du Carnaval 2010, il sont résumés et expliqués sur ce lien :

http://www.sctfe.es/index.php?id=712

Mais comme c'est en espagnol j'éclaire un peu votre lanterne :

- le 10/02 : Election de la Reine du Carnaval, c'est THE concours de beauté insulaire auquel les "tinerfeños" tiennent plus que tout.

- le 12/02, La Cabalgata.
C'est le premier grand défilé annonciateur de l'ouverture des réjouissances, la musique bat son plein et les couleurs inondent les rues de Santa Cruz.

- Le 16/02 : El Coso.
C'est le grand défilé de l'Apothéose, c'est LE jour du Carnaval du Mardi Gras, si vous n'aimez pas danser restez chez vous car la fête durera jusqu'à l'aube, dés la nuit tombée, pas un habitant de la ville de 7 à 107 ans qui ne soit déguisé et ne rentre à fond dans le jeu,le tout dans une ambiance bon enfant si particulière du Carnaval de Tenerife.

- 17/02 : Entierro de la Sardina.
Littéralement : l'enterrement de la Sardine, symbole de la fête, des écarts en tous genres, de la liberté du corps et de l'esprit que représente le Carnaval qui en ce jour funeste va prendre fin , et là je vous renvoie à votre cathéchisme : le lendemain du Mardi Gras c'est le Mercredi des Cendres, le Carême commence et là ça rigole plus, nous sommes censés jeûner et faire abstinence pendant environ 40 jours jusqu'au Dimanche de Pâques, c'est ce que symbolise l'Enterrement de la Sardine, pour moi un des moments les plus originaux du Carnaval : hommes et femmes vêtus de Veuves avec mantilles, en Pleureuses, Prêtres, Cardinaux suivent à grands renfort de (faux) pleurs le cortège de la Sardine par les rue de la ville, jusqu'à l'immolation de celle ci par le feu ! Suite à quoi ...c'est reparti pour une nuit de fiesta délirante ! Il en sera de même le week end suivant, pour la clôture du Carnaval.

Si vous passez par là lors d'un de ces temps forts, ne jouez pas les touristes qui se contentent de prendre des photos et unissez vous au moins un petit peu à la tradition, ne serait-ce qu'en vous maquillant oú en vous chapeautant, même symboliquement. Préparez vous également pour la nuit : un petit laine est souvent de rigueur...

Pour ceux qui sont allergiques à ce genre de manifestations, évitez Santa Cruz, et revenez la visiter à une autre époque de l'année. Pendant ces 15 jours, il faut quand même dire que les installations festives n'embellissent pas spécialement la ville, et je vous laisse imaginer l'état des rues au petit jour!

Heureusement les services municipaux sont plutôt efficaces, et le spectacle matinal des "Carnavaleros" éméchés, rentrant roupiller chez eux le déguisement un brin froissé, c'est carrément désopilant. Et comme vous l'aurez imaginé, les jours fériés ne manquent pas durant cette période, car il faut bien récupérer... afin de mieux recommencer !

Bon Carnaval

France

05 janvier 2010

¡ LLEGAN LOS REYES !

Les yeux brillent, l'émotion est à son comble ! Les Petits canariens et plus généralement les petits espagnols ne tiennent plus en place : Los Reyes Magos (Rois Mages) tant attendus débarquent enfin ce soir dans un grand tourbillon de shows, d'animations diverses, de défilés chatoyants, de lancé de caramels à travers la foule, de chars enguirlandés, de feux d'artifice et j'en passe !

N'arrêtant pas le progrés, et selon les villes, "Los Reyes" débarqueront au sens propre d'un navire, oú arriveront en train, descendront d'un petit avion, oú comme il est de tradition à Santa Cruz de Tenerife, aterriront en hélicoptère dans le Stade Heliodoro Rodriguez López sous les hurlements ravis et émus des petits n'enfants : aprés quelques 3 heures de défilé à travers la ville on fêtera les Rois en famille, et demain matin au réveil les jouets et autres paquets à froufrou ne manqueront sûrement pas sous l'arbre de noël.

Si vous passez par là ne ratez pas ça : la joie et l'emerveillement des enfants fait trop plaisir à voir ! La fêtes des Rois est une des traditions les plus fortement ancrées et suivies du calendrier espagnol, le 6 janvier est un jour férié, voire Ile Morte !!



Les villes de l'île qui organisent leur "Cabalgata de Reyes" (défilé, chevauchée...) :
  • SANTA CRUZ DE TENERIFE
  • LA OROTAVA
  • LA GUANCHA
  • ARONA
  • LA LAGUNA

Programme des festivités à Santa Cruz :
17h00 - Arrivée en hélicoptère dans le stade Heliodoro Rodriguez, accueil par le Maire.
19h00 - Début de la Cabalgata à travers la ville : départ de la Avenida de Asuncionistas, arrivée : Plaza de la Candelaria, adoration des Rois devant la crèche, feu d'artifice, etc...

Attention, de 15h/16h à presque minuit, il est trés difficile voire impossible de stationner et de se déplacer dans le centre ville.

¡ Felices Reyes a todos !

Merci à France pour le texte
Merci à Secret Tenerife pour les images

Liens d'intérêt

Noël aux Canaries sur Vida de Sol

19 novembre 2009

Il y a 100 ans… l'éruption du volcan Chinyero

Ce 18 novembre 2009, Tenerife a célébré le centenaire de la dernière éruption volcanique de l’île, celle du Volcan Chinyero.

De nombreux actes commémoratifs sont à l’affiche, dont certains directement organisés par les communes de Santiago del Teide et d’ El Tanque, qui furent les plus directement menacées par les laves.

Ainsi sont au programme : inauguration d’un Centre des Visiteurs sur la commune de Santiago (« La casa del Patio » ), expositions photographiques itinérantes, randonnées pédestres, rénovation de la signalisation des sentiers de la « ruta de los volcanes », conférences, et toute une panoplie de manifestations qui culmineront par la célébration du VIème Congrès International « Villes et Volcans » (« Cities on Volcanoes » , rencontres parmi les plus importantes de la planète, sur la gestion des risques volcaniques dans les territoires fortement peuplés) du 31 mai au 04 juin 2010, à Puerto de la Cruz.

Ce 18 novembre 1909…

“Il était environ 14h30… J’étais en train de tailler une pièce de bois quand j’ai senti la terre trembler sous mes pieds…puis j’ai entendu comme un cri strident, j’ai levé les yeux au ciel croyant qu’il s’agissait d’un vol de pigeons… à ce moment la hache a commencé à tressauter seule contre le bois…des bergers de Las Manchas sont arrivés en nous criant « allons-nous en, c’est pas bon signe ! »… et juste à ce moment là, le volcan a explosé !
Des graviers brûlants ont commencé à nous tomber dessus, et nous sommes partis en courant ! ».

Ce que José Hernandez Lorenzo, de San José de Los Llanos, vient de vivre, ce sont les premières minutes d’une éruption qui va durer une dizaine de jours, modifiant le paysage environnant que vont parcourir d’énormes coulées de laves incandescentes, causant panique et fascination parmi la population locale et bien au-delà, et qui laissera une profonde empreinte enveloppée de traditions et de légendes qui perdurent, dans les villages de l’Ouest de Tenerife.

Le « Diario de Tenerife », organe de presse de l’èpoque, reflète dans son édition du 19 novembre la confusion totale sur le lieu exact de l’éruption (il
faut imaginer les voies de communication terrestres du début du XXème siècle dans le relief montagneux de l’île), ainsi que le désarroi des villageois, exprimé entre les lignes des télégrammes adressés au Gouverneur de Santa Cruz (Capitale de la Province) par les maires des village environants.

A 23h20, un télégramme du maire d’Icod confirme que toute la population de la Vallée de Santiago del Teide, d’Araguayo et de Tamaimo a déserté les lieux, fuyant vers la côte. Dans la précipitation, les portes des habitations sont restées ouvertes, les animaux abandonnés, livrés à eux-mêmes…

Tous les villages ne possédant pas de moyen de communication aussi « modernes » que le télégramme, les nouvelles vont également circuler grâce aux vaillantes « palomas mensajeras » (pigeons voyageurs) dont l’élevage est une tradition sur Tenerife. Afin de rendre hommage à la force de leurs petites ailes, à leur instinct, et au rôle qu’elles ont joué durant ces jours dramatiques, salué dans tous les récits de l’époque, un lâcher de « palomas » aura lieu ce 18 novembre, au sommet du cratère du Volcan Chinyero.

Lire la suite sur Vida de Sol : Éruption du Chinyero (Chapitre II)

A feuilleter : 

Liens d'intérêt sur le web :


France (Tenerife)

29 octobre 2009

Montaña Guajara - Fiche randonnée




DÉNIVELÉ :
560m 


DIFFICULTÉ :
c’est déjà de la bonne randonnée… 


CONSEIL D'AMIE :
* Les personnes souffrant de vertige devront éviter le sentier nº 31…
* Attention, durant les mois de novembre à février, au risque de verglas dans la barre rocheuse sur ce même sentier.
* Ne jamais oublier la crème solaire : vous êtes en altitude,,, mais sous la latitude du Sahara Occidental ! 

TIMING INDICATIF
Incluant les pauses : 4h30


Depuis le début du sentier nº4 jusqu’au début du sentier nº5 :environ 0h45mn


Sentier nº5 : environ 0h30mn
(Le Parc indique 1h30 !)


Sentier nº15, ou par la crête, jusqu’au sommet : environ 1h
Descente du sommet par le même chemin : environ 2h00

Descente du sommet par la barre rocheuse :
* Traversée du sommet de la vire par le sentier nº31 : environ 0h30mn de chatouilles dans les orteils.
* Suite du sentier nº 31 puis du sentier nº 4 jusqu’au Parador : environ 0h50mn.


Selon que vous soyez Marmotte ou Bouquetin, la Montaña de Guajara s’offre à vous par de superbes sentiers « à la carte ».

Marmottes et Bouquetins partiront du parking du Parador (Hôtel+Centre des visiteurs) et s’engageront sur le Sentier nº4 dit « De las 7 Cañadas » (sur la droite du Parador), jusqu’à croiser la piste des Cañadas, oú là ils prendront sur la gauche, et chemineront entre laves et roches volcaniques multicolores jusqu’au Sentier nº 5 (bien indiqué sur la droite de la piste), dite « la Degollada de Guajara ».

Le sentier nº5 grimpe tranquillement mais sûrement entre les genêts du Teide (les fameuses « Retamas »), offrant à chaque pas une vue de plus en plus fantastique sur le grand volcan et ses coulées de laves, sur le Pico Viejo, et bien sûr, sur les Cañadas.

A l’arrivé du sentier nº 5, c’est là que Marmottes et Bouquetins feront bande à part, non sans avoir admiré, si le temps le permet, la côte sud et le versant nord de l’île, relié par ce sentier qui fut autrefois l’unique voie d’accés nord-sud au milieu du massif :

* Les Marmottes suivront paisiblement le tracé du sentier nº 15 qui les amènera au sommet sans coup férir,

* Les Bouquetins repèreront le long de la crête un mince sentier uniquement balisé par les cairns, le pas des aventuriers,et quelques signalisations de couleur verte.Le secret, c’est de suivre la crête et de se laisser séduire par un paysage à couper le souffle ! Or ce n’est pas le moment, car arrivée au sommet par un méchant petit éboulis de petites pierres ponce !

Pour ce qui est du pic nic au sommet, face au cratère du Teide, entre volcans et îles voisines flottant au-dessus la mer de nuages, je vous laisse juges…

Les Marmottes redescendront successivement par les chemins 15, 5 et 4. Les Bouquetins prendront, face au Teide, le sentier qui part contre toute attente sur la droite, le long de la falaise, et commenceront leur descente dans la vire rocheuse : c’est le sentier 31, superbement aérien, constellé d’éclats d’obsidienne, qui redescend jusqu’à la piste des Cañadas, et débouche juste en face de l’embranchement Sentier nº4/Piste de Las Cañadas.

C’est le sentier que le Parc National du Teide ne souhaite pas assumer, c’est pour cela qu’il ne figure pas, bien qu’étant balisé sur le terrain,sur la carte « officielle » du Parc. Et on peut le comprendre, lorsque de temps en temps on croise sur le parking des touristes du dimanche en savates et sans équipement aucun… Le sentier nº 31 suppose de bonnes chaussures et un pied sûr, en échange de quoi, la Montaña de Guajara vous offrira un moment de montagne inoubliable.



Liens d'intérêt :
* Ténérife - Les 60 plus belles randonnées entre mer et montagne., l'incontournable guide Rother Klaus et Annette Wolfsperger (edition juillet 2007) - Excellent pour les descriptions de ses 60 randonnées agrémentées de cartes.
* Compte-rendu de randonnée Montaña Guajara par Leïla et Eric

10 octobre 2009

La Montaña de Guajara

Ce superbe relief, 3ème plus haut sommet de l’île (2718m), derrière le Teide (3718m) et le Pico Viejo (3135m), doit son nom à la princesse Guanche* Guajara.

La belle, conte la légende, se serait lancée dans le vide depuis la cime, inconsolable suite à la mort de Tinguaro, son tendre époux et valeureux guerrier tombé lors d’un féroce combat contre les troupes espagnoles venues conquérir Tenerife, nous sommes alors en plein XV ème siècle.

Depuis, plus un seul athlétique guerrier Guanche sur qui pleurer, mais de tout aussi valeureux randonneurs partis à la découverte des sentiers tracés dans les laves, suspendus entre ciel et mer : c’est donc une spectaculaire randonnée que je vous invite à découvrir aujourd’hui.

La Montaña de Guajara se dresse, avec des airs de bastion imprenable, sur la bordure sud de cette grande dépression que l’on appelle le Cirque ou l’Amphithéâtre de Las Cañadas .

L’édifice volcanique Teide-Pico Viejo vu depuis le sommet de la Montaña de Guajara.
Un grand bravo à Eric Girardot pour ces superbes clichés !

Comme déjà expliqué au chapitre « Teide », cet incroyable espace circulaire des Cañadas, d’une vingtaine de kms de diamètre, était occupé il y a plusieurs millénaires par un volcan gigantesque (on estime qu’il culminait à 5000m), lequel a fini par s’écrouler et glisser par phases successives jusqu’au fond de l’océan, creusant dans sa chute ce qui est aujourd’hui la Vallée de la Orotava, et celle de Icod-La Guancha.

C’est sur la bordure nord de cet immense espace laissé vide, comme décapité, que l'édifice volcanique du Teide et du Pico Viejo s’est lentement érigé au fil du temps.

L'amphithéâtre des Cañadas, vu depuis le sommet de la Montaña de Guajara.
Un grand bravo à Eric Girardot pour ces superbes clichés !

Si vous me suivez bien, notre belle Guajara se trouve donc exactement située en face du Teide dont le cratère la surplombe de précisément 1000m : c’est la plus belle vue que vous pourrez avoir sur le grand volcan et ses coulées de laves multicolores, sur le Pico Viejo, sur les Cañadas aux quatre points cardinaux, et par temps clair, sur les îles de Gran Canaria, de la Gomera, de El Hierro et de La Palma qui émergent au dessus de la mer de nuages.

* Los Guanches : C’est le peuple indigène qui habitait les Iles Canaries avant l’arrivée des « Conquistadores » espagnols. Les Guanches résistèrent comme de beaux diables, mais finirent par s’incliner, puis les malheureux furent décimés en peu de temps…



Liens d'intérêt :