Punta de Teno, le phare du bout du monde.

12/07/16 : suite à l' effondrement de la route sinueuse , l’accès est momentanément interdit au public Punta de Teno est un de mes end...

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21 juillet 2015

Le silbo Gomero


Quoi de mieux que le superbe Silbo Gomero de Feloche pour illustrer ce nouvel article.
Bon OK, La Gomera ce n'est pas Ténérife, mais bon la petite île voisine n'a rien à envier à sa grande soeur… et en fait j'écoute en boucle ce super morceau, qui fait planer et divaguer l'esprit direct au dessus de l'archipel, on se perd dans les barrancos et l'évocation du mojo éveille les papilles, tous les sens sont mis en émois !

30 mai 2010

30 mai, jour des Canaries

Chaque année le 30 mai est férié aux Canaries et donc à Ténérife, c’est « el Día de Canarias ».
C’est alors l’occasion de multiple fiestas à travers toutes les îles tournant autour de thèmes culturels et de loisirs : danses et chants folkloriques, cuisine traditionnelle, loisirs…
La journée est couronnée par une remise de prix par le président des Canaries qui lors d’un gala institutionnel remet les « Premios Canarias » et « Medallas de Oro ».

Pourquoi le 30 mai ?
Les Canaries ont obtenu le statut de Communauté Autonome le 10 août 1982 après plus de 46 années d’attente … la première demande de ce statut remonte à la Seconde république, mais a été retardé par la Guerre Civile Espagnole, la dictature de Franco … l’Autonomie n’a donc été établie qu’au retour de la démocratie.
Le 30 mai 1983 est le jour de la constitution du premier parlement de la communauté autonome des Canaries… et pour la petite histoire, ce premier parlement fut présidé par Pedro Guerra Cabrera, aujourd’hui c’est Adán Martín

L’identité canarienne est définie par plusieurs symboles :
Le drapeau
La Statut d’Autonomie des Canaries a établi cette même date la définition du drapeau de la communauté « le drapeau des Canaries est formé de trois parties verticales égales dont les couleurs sont : blanc, bleu et jaune ».

L’écusson
Les Canaries possèdent leur propre écusson « une zone bleue comporte sept îles d’argent bien ordonnées, deux, deux, deux et une, cette dernière à la pointe. Le tout surmonté d’une couronne d’or et d’un ruban argenté avec la devise « Oceano » et encadré par deux chiens ».

L’hymne des Canaries
Les paroles sont les suivantes :
Soy la sombra de un almendro,
soy volcán, salitre y lava.
Repartido en siete peñas
late el pulso de mi alma.
Soy la historia y el futuro,
corazón que alumbra el alba
de unas islas que amanecen
navegando la esperanza.
Luchadoras en nobleza
bregan el terrero limpio
de la libertad.
Ésta es la tierra amada:
mis Islas Canarias.
Como un solo ser
juntas soñarán
un rumor de paz
sobre el ancho mar

Télécharger l'hymne canarien

Sources :

05 février 2010

Eruption du volcan Chinyero (Chapitre II)

En ce mois de novembre 1909, le Volcan Chinyero déverse des milliers de tonnes de laves incandescentes sur hauteurs de Tenerife, mais il n’en n’est pas pour autant à un miracle prés…

Du 18 au 28, son éruption maintient l’Ile entre panique et fascination. Peur de tout perdre chez les habitants des villages environnants, curiosité dans les milieux universitaires et scientifiques de la capitale insulaire, de l’Espagne péninsulaire, et même au-delà : arrivée dés les premiers jours sur le site, cocorico, la maison de production cinématographique française Gaumont sera la première non seulement à filmer l’évènement, mais à filmer tout court, les premières images de Tenerife : nous en sommes en cette année 1909 aux balbutiements du « cinématographe » !
Oú est passée la bobine, Vidadesol mène l’enquête…

Pourquoi une telle peur, parallèle à un tel engouement, jusqu’au-delà des frontières, autour de cette grosse colère du Volcan Chinyero ?

Peut être une amorce d’explication et un petit bond en arrière, dans le contexte de ce début du XXème siècle.

Souvenons-nous, comme dirait l’autre :

- le 8 mai 1902, en moins de temps qu’il ne faut pour le narrer, le Volcan de la Montagne Pelée, en Martinique, détruit entièrement la ville de Saint Pierre, faisant quelques 26.000 morts.

- le 18 avril 1906, un monstreux tremblement de terre réduit à un tas de décombres rien moins que la ville de San Francisco, USA : un gigantesque incendie se déclare, qui vient parachever la tâche destructrice.

- Novembre 1908, la nuit est tombée sur la ville de Messine en Sicile. En quelques secondes, la ville va être dévastée par un tremblement de terre qui reste l’un des plus meurtriers enregistrés en Europe : 150.000 morts.

Un an plus tard, l’annonce soudaine d’une éruption sur l’île de Tenerife, lointaine province de l’Espagne voisine, a sans nul doute, vu de loin, fait craindre le pire.


Éruption de la Montagne Pelée 1902

Ce 23 novembre 1909, le terrible « serpent de laves » avance sur 3 fronts, menaçant au tout premier plan les villages de las Manchas, Tamaimo et Valle de Arriba, sur ce qui est aujourd’hui la commune de Santiago del Teide.

En désespoir de cause, les habitants du plateau partent en procession vers l’enorme coulée qui les menace : ceux de Valle de Arriba derrière l’image sainte du « Señor del Valle », ceux de Tamaimo, derrière « Santa Ana ».

Et le miracle fut !

Sur le plateau de Los Baldíos, comme en témoigne aujourd’hui un petit mémorial, la coulée de laves incandescente s’arrête net devant la procession : les villages sont sauvés ! Il n’en fallait pas plus pour marquer profondément les esprits de l’époque, et faire de cet instant un des évènements parmi les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Ouest de Tenerife.


Commémoration de la procession « miraculeuse » - 1930
Photo « Revista Chinyero » - Colectivo Arguayo

Mais deux autres « miracles » sont également à mettre à l’actif du Chinyero :

- Au deuxième jour de l’éruption, alors qu’une aide massive arrive par voie maritime depuis la capitale, et au vu des difficultés à atteindre les zones sinistrées, les plus hautes instances ordonnent la construction du premier réseau routier permettant de faciliter les communications dans le sud-ouest de l’île, particulièrement isolé à cette époque.

- Nous avons évoqué lors du premier chapitre, le rôle fondamental qu’on joué les pigeons voyageurs, depuis les abords du volcan, dans la circulation de l’information. Conséquence de ces 10 jours forts en émotions, c’est une gigantesque nouveauté qui va bientôt venir révolutionner la vie quotidienne «tinerfeña» : l’apparition du téléphone !

100 ans plus tard, en ce mois de novembre 2009, les pèlerins ont repris leurs bâtons afin de commémorer la ferveur salvatrice des anciens, et s’en sont allés par les sentiers, Santa Ana ouvrant la marche, prier et festoyer là haut, au pied du mémorial qui veille au grain, entre laves et amandiers.
Photo – Service de Presse, Commune de Santiago del Teide

Tous nos remerciements au Colectivo Arguayo, pour tant de récits, textes, et investigations patiemment engrangés, qu’ils nous ont fait partager à l’occasion de ce Centenaire, et tout spécialement à Enrique Pérez Alegría, pour ses interventions, exposés, et pour son amabilité amusée…

(A venir : Fiche Technique Randonnée au Chinyero – Exposition permanente sur le Volcan Chinyero - « La Casa del Patio, Santiago del Teide)

A feuilleter : 
Liens d'intérêt sur le web :
France (Tenerife)

22 décembre 2009

Le Canarien ou la conquête des Îles Canaries par Jean de Béthencourt

Un nouveau livre paru ce mois de novembre qui ravira les amateurs d'histoire et de culture.

Présentation de l'éditeur
Mai 1402. Un navire quitte La Rochelle à destination des Iles Canaries. A son bord, un seigneur normand, Jean de Béthencourt accompagné d un vendéen, Gadifer de la Salle. Quelques années plus tard, Jean de Béthencourt sera « Roy des Isles de Canare ».
« Le Canarien », chronique du XVe siècle, est le récit de cette aventure haute en couleurs.
Traduit pour la première fois en français moderne par Bruno Malfante, ce texte, connu des spécialistes, n'avait jamais été mis à la portée du grand public.
Format 13 x 19 cm



Biographie de l'auteur
Instituteur demeurant à Grainville-la-Teinturière, Bruno Malfante se passionne depuis plus de quinze ans pour l épopée de Jean de Béthencourt. Il est aujourd hui président de l association Jean de Béthencourt Normandie-Canaries.

Liens d'interet :

19 novembre 2009

Il y a 100 ans… l'éruption du volcan Chinyero

Ce 18 novembre 2009, Tenerife a célébré le centenaire de la dernière éruption volcanique de l’île, celle du Volcan Chinyero.

De nombreux actes commémoratifs sont à l’affiche, dont certains directement organisés par les communes de Santiago del Teide et d’ El Tanque, qui furent les plus directement menacées par les laves.

Ainsi sont au programme : inauguration d’un Centre des Visiteurs sur la commune de Santiago (« La casa del Patio » ), expositions photographiques itinérantes, randonnées pédestres, rénovation de la signalisation des sentiers de la « ruta de los volcanes », conférences, et toute une panoplie de manifestations qui culmineront par la célébration du VIème Congrès International « Villes et Volcans » (« Cities on Volcanoes » , rencontres parmi les plus importantes de la planète, sur la gestion des risques volcaniques dans les territoires fortement peuplés) du 31 mai au 04 juin 2010, à Puerto de la Cruz.

Ce 18 novembre 1909…

“Il était environ 14h30… J’étais en train de tailler une pièce de bois quand j’ai senti la terre trembler sous mes pieds…puis j’ai entendu comme un cri strident, j’ai levé les yeux au ciel croyant qu’il s’agissait d’un vol de pigeons… à ce moment la hache a commencé à tressauter seule contre le bois…des bergers de Las Manchas sont arrivés en nous criant « allons-nous en, c’est pas bon signe ! »… et juste à ce moment là, le volcan a explosé !
Des graviers brûlants ont commencé à nous tomber dessus, et nous sommes partis en courant ! ».

Ce que José Hernandez Lorenzo, de San José de Los Llanos, vient de vivre, ce sont les premières minutes d’une éruption qui va durer une dizaine de jours, modifiant le paysage environnant que vont parcourir d’énormes coulées de laves incandescentes, causant panique et fascination parmi la population locale et bien au-delà, et qui laissera une profonde empreinte enveloppée de traditions et de légendes qui perdurent, dans les villages de l’Ouest de Tenerife.

Le « Diario de Tenerife », organe de presse de l’èpoque, reflète dans son édition du 19 novembre la confusion totale sur le lieu exact de l’éruption (il
faut imaginer les voies de communication terrestres du début du XXème siècle dans le relief montagneux de l’île), ainsi que le désarroi des villageois, exprimé entre les lignes des télégrammes adressés au Gouverneur de Santa Cruz (Capitale de la Province) par les maires des village environants.

A 23h20, un télégramme du maire d’Icod confirme que toute la population de la Vallée de Santiago del Teide, d’Araguayo et de Tamaimo a déserté les lieux, fuyant vers la côte. Dans la précipitation, les portes des habitations sont restées ouvertes, les animaux abandonnés, livrés à eux-mêmes…

Tous les villages ne possédant pas de moyen de communication aussi « modernes » que le télégramme, les nouvelles vont également circuler grâce aux vaillantes « palomas mensajeras » (pigeons voyageurs) dont l’élevage est une tradition sur Tenerife. Afin de rendre hommage à la force de leurs petites ailes, à leur instinct, et au rôle qu’elles ont joué durant ces jours dramatiques, salué dans tous les récits de l’époque, un lâcher de « palomas » aura lieu ce 18 novembre, au sommet du cratère du Volcan Chinyero.

Lire la suite sur Vida de Sol : Éruption du Chinyero (Chapitre II)

A feuilleter : 

Liens d'intérêt sur le web :


France (Tenerife)

25 juillet 2008

Mais qu’est venu faire Nelson dans cette galère ???

Allez, plongeons ensemble dans le passé…
211 années en arrière pour être précis.

C’est effectivement le 22 juillet 1797, que les anglais lancent leur première attaque sur Santa Cruz de Tenerife.


L’Amiral Horacio Nelson s’approche alors des côtes de l’île avec 9 navires et plus de 3.000 hommes ayant pour objectif la conquête de l’île au profit de la couronne britannique.
Cela fait déjà de longues années que les îles Canaries sont convoitées par le royaume pour leur position stratégique sur la route de l’Amérique.

Cette tentative de conquête dure pendant 3 jours, mais les anglais repérés rapidement se heurtent à une résistance organisée et dirigée par le général Antonio Gutiérrez.
Des milices locales et un détachement français s’unissent pour défendre Tenerife (le navire La Mutine  et son équipage), les estimations évaluent l’effectif de ces troupes à 1.700 hommes.

Les assauts sont tout d’abord donnés sur les plages de Valle Seco, mais devant la résistance affichée, les troupes de Nelson attaque Santa Cruz de front.

Les combats se déroulent aussi bien sur terre que sur l’eau, et c’est durant un de ces échanges de feu que le célèbre Général Nelson perd son bras droit, brisé par un boulet tiré depuis le célèbre « Canon Tigre » que l’on peut voir aujourd’hui au Musée Militaire des Canaries à Santa Cruz… notons que l’Amiral avait déjà perdu l’usage de l’œil droit quelques années auparavant en tentant d’envahir une autre île, la Corse.

Cette attaque échoue définitivement le 25 juillet 1797, les batailles de rue sont remportées par les troupes espagnoles et un des navires de Nelson est coulé.
Les pertes humaines s’élèvent à 349 hommes pour les britanniques et 72 hommes du côté espagnol.

Un accord conclut cette défaite, permettant aux anglais de retourner à leurs navires avec armes, mais en contrepartie de ne plus jamais envahir les îles Canaries …
Oups !!! Un je ne sais quoi me fait sourire …

Sources :
Web Tenerife
Horacio Nelson sur Wikipedia
Bataille de Santa Cruz de Tenerife sur Wikipedia

20 janvier 2007

Mythologie et îles Canaries

Aujourd’hui les îles Canaries font rêver pour leur climat idyllique ainsi que pour leurs paysages paradisiaques … en fait cela dure depuis des siècles, cela fait même des millénaires que les îles Canaries entretiennent l’imaginaire des hommes au travers des mythes.

Il faut bien avouer que par leur situation géographique, leurs montagnes et volcans, leur faune et flore ces îles ont largement de quoi alimenter les esprits fertiles.

En parcourant les écrits gréco-latins, on peut retrouver trace des îles Canaries au sein de plusieurs mythes comme :

  • les Champs Elysées
  • le Paradis
  • les Iles Fortunées
  • le Jardin des Hespérides et les colonnes d’Hercule
  • l’Atlantide et bien d’autre encore …

C’est avec passion que j’ai dévoré la littérature sur le sujet, mais je ne vous raconterai ici que les mythes ayant été les plus mis en relation avec les Canaries, à savoir les trois derniers

Les îles Fortunées

C’est le nom sous lequel les îles Canaries sont connues depuis les romains. C’est la traduction littérales du nom grec Makaron Nesio qui apparut pour la première fois au VIIIème siècle av. JC.
Ce sont des îles merveilleuses où se retrouvent après leur mort des personnes au comportement exemplaire, des héros, ceci n’est alors qu’une partie d’un mythe plus général, celui de l’Age d’or. Ensuite, on retrouve cette idée dans les religions parlant d’une vie après la mort. Pour terminer, les îles Fortunées font référence à un groupe d’archipel de l’Atlantique Sud.

Le Jardin des Hespérides et les colonnes d’Hercule

Ces notions sont issues des 12 travaux d’Héraclès, un des épisodes les plus connus de la mythologie grecque.
Durant l’Antiquité, le terme de colonne d’Héraclès (Hercule pour les latins) était usité pour parler de l’ultime point connu du monde occidental, deux colonnes (montagnes ou îles selon les discours) auraient été planté à cet endroit par Hercule. Ainsi, à l’époque l’archipel canarien était décrit comme « bien au-delà des colonnes d’Hercule ».

On trouve cette notion dans les 12 travaux, en particulier pour le dernier « la recherche des pommes d’or du Jardin des Hespérides ». Les Hespérides seraient les filles d’Atlas et leur nom signifie « filles du couchant », le jardin où elles cultivent leurs pommes se trouve donc aux confins du monde occidental.
La recherche de ces fruits jalousement gardés par les dieux dans un jardin merveilleux représente l’existence du Paradis, objet de tous les désirs humains et l’épisode le plus marquant de cet épisode des travaux d’Hercule est sa rencontre avec le géant Atlas.

Ce mythe a souvent été mis en relation avec les îles Canaries. Ces rapprochements ont commencé au XVIeme siècle avec les écrits de Pedro de Medina qui affirma entre autre que le Jardin des Hespérides et les îles Canaries n’était qu’un même et unique lieu.
Ensuite, au gré des imaginations les idées suivantes ont émergé :
- identification de Atlas avec le Mont Teide
- position des Hespérides aux confins du monde occidental comme les Canaries
- le fabuleux jardin a souvent été localisé dans les vallées canariennes, fréquemment celle de La Orotava
- les pommes ont même été rapproché des fruits des néfliers présents dans certaines contrées canariennes.

L’Atlantide


Le mythe de l’Atlantide apparaît avec Platon dans le Timée et le Critias en 355 av. JC.
Celui-ci décrit une île légendaire de l’Océan Atlantique, située au-delà des colonnes d’Hercule. Une île plus grande que l’Asie et l’Afrique réunies et qui se serait appelée Atlantis en hommage à son premier souverain Atlas. Les habitants de cette île sont décrit par Platon comme de valeureux guerriers, qui sans l’intervention des grecs auraient conquis l’Europe. C’est un grand séisme qui extermina ce peuple et l’île fut engloutie par les eaux, 9000 ans avant notre ère

Evidemment le positionnement géographique de l’Atlantide, ainsi que son peuple de guerriers rappelant les athlétiques Guanches ont aussi entraîné quelques rapprochement avec les Canaries.

L’imaginaire a donc travaillé depuis des siècles, stimulé par :
- le caractère intrinsèque des îles qui les rend propices aux phénomènes surnaturels
- la position géographique des Canaries, à l’extrémité du monde connu de l’Antiquité, leur confère un caractère insolite et extraordinaire
- le climat doux, la générosité de la nature

Depuis, les îles continuent de faire rêver et les publicitaires … d’exploiter le filon.

Sources
Liens d'intérêt :
  • Culture et mythologie des Iles Canaries
    excellent ouvrage de Josette Chanel-Tisseau des Escotais, maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise. Auteur de nombreux travaux sur les Iles Canaries de l'Antiquité à nos jours, elle est publiée aussi bien en France qu'en Espagne.
    Présentation de l'Editeur : "L'archipel canarien a été considéré pendant l'Antiquité comme une zone redoutée délimitant le bout du monde : il a suscité nombre de phantasmes. Sans avoir jamais dépassé l'âge de pierre, sa population primitive, consciente d'une identité particulière, a longtemps refoulé toute hégémonie territoriale ou influence culturelle. Mais au XVe siècle, elle a connu les vicissitudes d'un déferlement normand, puis espagnol, malgré une farouche résistance longue d'une centaine d'années. Laminée, la région a intériorisé sa spécificité pour devenir une plate-forme stratégique reliant l'Europe des conquistadors, puis des colonisateurs et des commerçants, à l'Amérique. Aujourd'hui, les Iles Canaries revendiquent une culture située aux confins du réel : elle mélange une mythologie originale, une Leyenda Negra canarienne et les effets de la globalisation et de la mondialisation. Une belle introduction à ces îles atlantiques."
Dernières mises à jour : ouvrage de Josette Chanel-Tisseau des Escotais (01 avril 2009)

25 juillet 2006

Le mystère des Pyramides de Guimar

guimar pyramides vidadesolSur la côte est de l'île de Ténérife se trouve un parc ethnologique, c'est celui des pyramides de Guïmar.

Mais qu'est ce donc, une vague fumisterie ? Un parc à touristes supplémentaire ? Une découverte ethnologique et historique de premier ordre ? Pour se faire une opinion, commençons l'histoire à son début.

Découverte des pyramides par Thor Heyerdahl

Tout débute avec Thor Heyerdahl (1914-2002).
Au début des années 1990, ce norvégien, féru d'archéologie, mythologie, botanique, océanographie et d'anthropologie ... s'intéresse de prés à l'île de Ténérife.
En particulier à la région de Guimar ou il étudie les édifices à étages.
Jusqu'alors, sur l'île, ces constructions n'éveillaient que peu d'intérêt. On considérait jusqu'alors qu'elles avaient été construites par les agriculteurs que les pierres gênaient dans leur travail.... ces pierres ont d'ailleurs été réutilisées pour construire les habitations environnantes et si aujourd'hui on compte 6 pyramides sur l'île, il reste des traces prouvant qu'on en a dénombré jusqu'à 9.

Pour Thor, cette thèse des constructions élaborées par les paysans ne tient pas ... certaines pierres sont taillées, et ne proviennent pas des champs alentours mais sont d'origine volcanique, il semblerait de plus que des fondations aient été creusées à la base des pyramides.
En étudiant d'un peu plus prés ces édifices, il se rend compte qu'ils sont très précisément orientés nord-sud, exactement sur l'axe du solstice d'été.

Le chaînon manquant entre les continents

Thor Heyerdhal y voit là une preuve supplémentaire lui permettant d'étayer sa thèse suivant laquelle des peuples auraient traversé l'Atlantique bien avant Christophe Colomb, il imagine immédiatement un lien entre ces pyramides et celles d'Amérique du Sud.
Cela va tout à fait dans le sens des recherches qu'il avait menées jusque là, le point d'orgue ayant été la fameuse traversée du Pacifique par le Kon Tiki en 1948 qui lui a permis de prouver que la traversée des océans était possible avec une embarcation faite de balsa.

Un site ethnologique, mais pas de preuves scientifiques

Dès lors le site de Guimar est considéré comme ethnologique.
Malheureusement Thor n'a pas réussi à dater les pyramides ; mais il est néanmoins parvenu à montrer le fait troublant que l'orientation de celles-ci était exactement sur le solstice d'été, c'est à dire que chaque 21 juin, en se plaçant au sommet des pyramides, on peut observer le rare phénomène de double coucher du soleil. Ce jour là, l'astre se couche dans l'alignement des pyramides derrière un crête dénommée "la Caldera de Pedro Gil" pour réapparaître quelques instants plus tard à travers une ouverture rocheuse.
Ceci confère alors aux pyramides la double fonction de marqueur du solstice et d'observatoire astronomique.

Voilà donc l'histoire des pyramides de Guimar ... alors qu'est ce donc ?
Des constructions élaborées par les paysans pour déblayer leurs champs, faire sécher des fruits ?
Des observatoires astronomiques ?
Des lieux de cultes de civilisations plus anciennes ?
Aujourd'hui le mystère reste entier ... mais pour vous faire votre propre opinion, ne pas hésiter à vous rendre sur site.
En 1998, Thor a ouvert les portes de l'endroit et aujourd'hui à côté des pyramides, un petit musée expliquant les thèses de cet archéologue norvégien passionné est érigé.

En Novembre 2005, les reproductions des embarcations ayant permis à Thor Heyerdhal de traverser les océans ont été fortement endommagées. Afin de les restaurer, son ami bolivien Braulio Corane a quitté les rives du lac Titicaca en Février 2007.

guimarPour en savoir plus ... sur le net
- les pyramides de Guimar selon Wikipedia
- le lien entre les pyramides et les guanches
- le site officiel des pyramides de Guimar

A lire :
- Retrouver L'Expédition du Kon-Tiki par Thor Heyerdahl
- Aku-Aku : Le secret de l'île de Pâques par Thor Heyerdhal


Dernières mises à jour : restauration du parc (15/02/07) - bibliographie de T. Heyerdhal (03/04/09)