11 févr. 2010

Plongeur.com Magazine


Alors, une petite digression... vous avez sûrement compris que je suis plongeuse dans l'âme en lisant mes articles sur la plongée à Tenerife, la video sur les raies de Los Gigantes, ou la rencontre avec le corail noir de Las Galletas...

Aujourd'hui mon aventure plongesque continue, non pas dans les eaux claires des Canaries, mais dans le monde virtuel de la plongée grâce à Plongeur.com
Depuis 2003 j'ai découvert cette communauté de plongeurs sur le net... la plus grande d'Europe nous disent les stats...

Mais si la communauté est importante en effectif elle l'est aussi par la qualité des informations relayées... depuis toujours à la pointe des techniques d'info. : un forum énorme, un webzine, des podcasts, et depuis cette semaine le premier magazine virtuel gratuit !

Ce magazine est surprenant à plusieurs titres... non pas parcequ'il comprend un (minime) article de mon cru mais parcequ'il est totalement interactif.
On le télécharge et on le lit sous adobe comme tout autre document... sauf que là nous avons des liens, des images qui changent au survol de la souris, et des photos qui s'animent pour laisser place a de vrais petits films.

Ca c'est pour la forme, pour le fond... une joyeuse équipe a été composée par Francis LEGUEN, formée de professionnels comme de passionnés et l'alchimie fonctionne.

Alors plongeur.com Magazine... c'est par là : 

La blogosphere en parle : 

5 févr. 2010

Eruption du volcan Chinyero (Chapitre II)

En ce mois de novembre 1909, le Volcan Chinyero déverse des milliers de tonnes de laves incandescentes sur hauteurs de Tenerife, mais il n’en n’est pas pour autant à un miracle prés…

Du 18 au 28, son éruption maintient l’Ile entre panique et fascination. Peur de tout perdre chez les habitants des villages environnants, curiosité dans les milieux universitaires et scientifiques de la capitale insulaire, de l’Espagne péninsulaire, et même au-delà : arrivée dés les premiers jours sur le site, cocorico, la maison de production cinématographique française Gaumont sera la première non seulement à filmer l’évènement, mais à filmer tout court, les premières images de Tenerife : nous en sommes en cette année 1909 aux balbutiements du « cinématographe » !
Oú est passée la bobine, Vidadesol mène l’enquête…

Pourquoi une telle peur, parallèle à un tel engouement, jusqu’au-delà des frontières, autour de cette grosse colère du Volcan Chinyero ?

Peut être une amorce d’explication et un petit bond en arrière, dans le contexte de ce début du XXème siècle.

Souvenons-nous, comme dirait l’autre :

- le 8 mai 1902, en moins de temps qu’il ne faut pour le narrer, le Volcan de la Montagne Pelée, en Martinique, détruit entièrement la ville de Saint Pierre, faisant quelques 26.000 morts.

- le 18 avril 1906, un monstreux tremblement de terre réduit à un tas de décombres rien moins que la ville de San Francisco, USA : un gigantesque incendie se déclare, qui vient parachever la tâche destructrice.

- Novembre 1908, la nuit est tombée sur la ville de Messine en Sicile. En quelques secondes, la ville va être dévastée par un tremblement de terre qui reste l’un des plus meurtriers enregistrés en Europe : 150.000 morts.

Un an plus tard, l’annonce soudaine d’une éruption sur l’île de Tenerife, lointaine province de l’Espagne voisine, a sans nul doute, vu de loin, fait craindre le pire.


Éruption de la Montagne Pelée 1902

Ce 23 novembre 1909, le terrible « serpent de laves » avance sur 3 fronts, menaçant au tout premier plan les villages de las Manchas, Tamaimo et Valle de Arriba, sur ce qui est aujourd’hui la commune de Santiago del Teide.

En désespoir de cause, les habitants du plateau partent en procession vers l’enorme coulée qui les menace : ceux de Valle de Arriba derrière l’image sainte du « Señor del Valle », ceux de Tamaimo, derrière « Santa Ana ».

Et le miracle fut !

Sur le plateau de Los Baldíos, comme en témoigne aujourd’hui un petit mémorial, la coulée de laves incandescente s’arrête net devant la procession : les villages sont sauvés ! Il n’en fallait pas plus pour marquer profondément les esprits de l’époque, et faire de cet instant un des évènements parmi les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Ouest de Tenerife.


Commémoration de la procession « miraculeuse » - 1930
Photo « Revista Chinyero » - Colectivo Arguayo

Mais deux autres « miracles » sont également à mettre à l’actif du Chinyero :

- Au deuxième jour de l’éruption, alors qu’une aide massive arrive par voie maritime depuis la capitale, et au vu des difficultés à atteindre les zones sinistrées, les plus hautes instances ordonnent la construction du premier réseau routier permettant de faciliter les communications dans le sud-ouest de l’île, particulièrement isolé à cette époque.

- Nous avons évoqué lors du premier chapitre, le rôle fondamental qu’on joué les pigeons voyageurs, depuis les abords du volcan, dans la circulation de l’information. Conséquence de ces 10 jours forts en émotions, c’est une gigantesque nouveauté qui va bientôt venir révolutionner la vie quotidienne «tinerfeña» : l’apparition du téléphone !

100 ans plus tard, en ce mois de novembre 2009, les pèlerins ont repris leurs bâtons afin de commémorer la ferveur salvatrice des anciens, et s’en sont allés par les sentiers, Santa Ana ouvrant la marche, prier et festoyer là haut, au pied du mémorial qui veille au grain, entre laves et amandiers.
Photo – Service de Presse, Commune de Santiago del Teide

Tous nos remerciements au Colectivo Arguayo, pour tant de récits, textes, et investigations patiemment engrangés, qu’ils nous ont fait partager à l’occasion de ce Centenaire, et tout spécialement à Enrique Pérez Alegría, pour ses interventions, exposés, et pour son amabilité amusée…

(A venir : Fiche Technique Randonnée au Chinyero – Exposition permanente sur le Volcan Chinyero - « La Casa del Patio, Santiago del Teide)

A feuilleter : 
Liens d'intérêt sur le web :
France (Tenerife)